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CAP OU PAS CAP

LE JOUR OÙ JE ME SUIS JETEE A L’EAU


On me demande souvent ce qui m’a poussée vers la photographie aquatique.


Je n’ai jamais été un signe d’eau.

A l’âge de 7 ans, je me rappelle appréhender mes premiers mouvements de brasse armée d’une bouée jaune d’apprentissage dont j’avais le sentiment qu’elle n’existait que pour attenter à ma vie. Je tente alors de rejoindre ma mère, magnifique, offerte au soleil sur la jetée. Et là, tandis qu’il me semble l’atteindre enfin, la vive brûlure de la méduse se fait ressentir. Pied gauche ou droit, ce détail m’échappe aujourd’hui mais je me souviens avoir hurlé comme si un incendie léchait ma peau.

Bien plus tard, au temps de l’adolescence, toutes les excuses sont bonnes pour sécher les cours de natation dont je ne comprends absolument pas le but, sinon celui de me créer davantage de complexes.

Devenue jeune femme, je traverse l'Australie de long en large, réalise combien la nature est parfaite et ma chance d’avoir un tel capital. Là-bas, je commence à me sentir faire partie d’un tout et à ressentir le besoin d’être près de la mer, de l’océan.

Ce n’est qu’au printemps 2021, à l'âge de 45 ans, que je découvre le court métrage de Julie Gauthier et Guillaume Néry, "Ama". Cette danse sous l’eau m’a bouleversée dès les premières secondes. Était-ce parce que j’étais danseuse toute jeune, ou simplement parce que la beauté et l'originalité de ce film ont résonné en moi…


Aller sous l’eau est devenu une lubie, puis une obsession. Je me suis équipée et j’ai expérimenté la prise de vue sous l’eau avec mon premier ptit poisson, Véronique. Je lui dois beaucoup, car certaines images réalisées sont iconiques pour moi, particulièrement celles en noir & blanc. Nos séances ont aussi porté mon attention sur la sécurité tandis que nous partions seules, prenant des risques inconsidérés.


L’arrivée de l’hiver, je l’ai vécue comme une cure de désintox, faute d’un lac assez chaud, mais aussi comme le moment idéal pour aller plus loin. Je me suis donnée les moyens d’une formation en France, coûteuse, rare, dispensée par l’une des spécialistes de la discipline du portrait Underwater, Alison Bounce, de nombreuses fois récompensée pour son travail.

Et là, j’ai appris. Les normes de sécurité surtout, comment travailler sa respiration, comment plonger en apnée, comment diriger un modèle sous l’eau, comment donner vie à une image dont on pourrait croire qu’elle est inexploitable.


Mon dernier travail avec mon premier système de prise de vue, Outex s’est soldé par beaucoup de frustration, en piscine.


Quelques mois plus tard, je recevais mon caisson Ikelite, qui a tout changé.


S'en est suivi plusieurs séries extraordinaires à l'été 2022 dont il me tarde de vous parler.




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